Arnaud, Aux Pains Dorés, à Lille : «Quand j’arrive ici, mes soucis disparaissent !»

Arnaud et Anne Ledieu ont ouvert Aux Pains Dorés, dans la rue Gambetta, il y a dix ans.

03/03/2020, 15:53 | édité le 31/08/2020, 17:33


Arnaud et Anne Ledieu sont à la tête de leur sandwicherie / boulangerie / cafétéria / restaurant Aux Pains Dorés, dans la rue Gambetta de Lille. Depuis dix ans, ils proposent petit-déjeuners, déjeuners et goûters aux Lillois. Nous avons rencontré Arnaud Ledieu.

Racontez-nous votre histoire : comment êtes-vous arrivé jusqu’à ce point aujourd’hui ? 

J’ai eu cinq commerces avant celui-ci. A la base, j’étais dans la restauration, mais ma femme venait du monde de la boulangerie. Donc nous avons cherché un commerce, qui fusionnait les deux. Alors, il y a dix ans, on a trouvé ce local et on a créé Aux Pains Dorés.

Quel est le concept de votre commerce ?

C’est un peu un mélange de la petite restauration et de la boulangerie (même si on ne vend pas de pain) … Le matin, on sert le petit déjeuner avec des boissons chaudes. Ensuite, vers 11h, on commence le service du midi. On propose un peu de tout : des sandwichs, des pâtes, des paninis, des burgers et des salades de pâtes dès le printemps. Puis, l’après-midi, c’est beaucoup plus calme. Les gens passent pour un petit café, une petite viennoiserie, etc.  

Pourquoi avoir choisi de s’installer dans la rue Gambetta ?

Totalement par hasard. La rue était bonne et l’emplacement était bon. Après, dix ans plus tard, je n’aurais peut-être pas choisi cet emplacement, parce que la rue a perdu de sa valeur. Il y a 10 ans, ce n’était pas la même chose. La rue n’a pas vraiment perdu de son dynamisme, mais les enseignes autour ont beaucoup changé.  

Pourquoi ce choix de nom : Aux Pains Dorés ?

Tout simplement pour faire penser à une bonne baguette dorée qui sort du four.

Comment choisissez-vous les produits que vous vendez ?

Pour le sucré, nous avons trois règles. Déjà, il faut que les produits soient originaux, donc qu’on ne voit pas souvent. Ensuite, qu’ils soient bons (c’est essentiel), et à un prix correct. Alors à la base, on achète, et on essaie tout, c’est-à-dire qu’on goûte. Si ce n’est pas bon, on ne mettra jamais en vitrine !

Et pour ce qui est du salé, on achète des bases (comme par exemple le pain). Et après les recettes, on les propose nous-mêmes. On va donc acheter des nouveaux produits pour faire des nouveaux sandwichs et de nouvelles saveurs, mais ce sont nos recettes, nos compositions. Et encore une fois, tout ce qui est mis en vente, c’est essayé et réessayé. Et même quand c’est mis en vente et que ça ne marche pas, on modifie.  

Vous travaillez en équipe ou seul ? 

Je travaille avec ma femme, Anne. Avant, on était trois dans l’équipe. Mais le coût du travail étant trop élevé, on n’est plus que deux. Mais on fait donc le boulot de presque trois personnes. On arrive très tôt le matin. Moi, par exemple, je viens entre 4h30 et 5h et puis je termine en moyenne entre 18 et 19h.  

Quel est votre rôle dans l’équipe ? 

L’avantage de travailler à deux avec ma femme, c’est qu’on est fusionnel. On a une complémentarité incroyable ! Et puis, ça fait dix ans qu’on travaille ensemble. Chacun sait donc exactement ce que chacun a à faire. Au niveau de la charge de travail, c’est vraiment 50/50.

Quel est votre plus grand obstacle ?

Il n’y en a aucun. Enfin presque.

L’État français ne nous aide vraiment pas ! On fait des sous, mais on n’en voit pas la couleur … Et c’est sincère. Je bosse 85 heures par semaine, et pourtant, il y a des mois où je ne me paie même pas. C’est quand même grave ça, non ?

Mais malgré ça, j’arrive toujours au travail heureux ! Je peux avoir des soucis, une fois arrivé ici, je ne les ai plus. Je suis un enfant de commerçant et je suis né là-dedans. Et j’aime mon travail. Il n’y a rien qui me fait peur !

Au niveau de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, comment cela se passe quand on est commerçant ?

L’avantage, c’est que je travaille avec ma femme. Donc on est presque H24 ensemble. H22 ! Et pour la vie sociale, il faut assurer. Par exemple, demain soir, je vais au restaurant, et je vais donc me coucher à tard. Oui, ça arrive ! Je prends le choix d’aller me coucher tard, alors le lendemain, il faut assurer. A 4 heures du matin, mon réveil sonnera, j’assumerai et je me lèverai pour aller travailler. Mais ça se gère ! Et puis maintenant, nos enfants sont grands, donc on gère aussi mieux la vie familiale.

Pourquoi avoir choisi de vous lancer dans the-ring.io ?

L’idée était bonne. En plus, on était en plein dans les réseaux sociaux. On a décidé de plus s’y concentrer. Et du coup, par rapport à ce qu’on recherche en ce moment, c’est-à-dire d’être plus visible sur tout ce qui est digital, the-ring.io tombait à pic !

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

On se pose bien la question ! Alors oui, on a un super commerce qui tourne bien, mais la rue ne vaut presque plus rien. Ça sera donc très dur à vendre. Avant, j’ai eu quatre affaires, et à chaque fois, au bout de 4 ans, je mettais en vente. Alors, quand je suis arrivé ici, j’avais dit : je pars dans cinq ans. Au bout de la sixième année, je l’ai donc mis en vente, mais je n’ai jamais eu aucune offre. Donc, dans cinq ans je me vois encore ici. Même si je serai vieux et crevé.

Propos recueillis par Marine Souxdorf

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