Céline, de Madura, à Lille : « Il faut y croire et avoir envie ! »

Céline Caplier est responsable de la boutique de Madura située rue Esquermoise, à Lille.

17/02/2020, 00:48 | édité le 23/03/2020, 16:47

gerante de madura lille

Céline Caplier est responsable de la boutique de Madura à Lille. Cette enseigne de Maison & Décoration est spécialisée dans le tissu d’ameublement haut de gamme.

Qu’est-ce qui rend votre commerce spécial ?  

Il n’existe plus beaucoup d’enseignes de tissu d’ameublement aujourd’hui. Et on propose différentes largeurs et hauteurs, c’est-à-dire pas seulement des tailles standards. Aujourd’hui, sur Lille, Madura est le seul à faire ça.

Vous êtes dans l’un des plus beaux quartiers de Lille. Pourquoi avoir choisi le Vieux Lille pour ouvrir un commerce ?

Madura est arrivé ici avant moi, il y a une dizaine d’années. Forcément, ça n’est pas moi qui ai fait ce choix d’emplacement, mais ça tombe sous le sens : nous sommes à l’entrée de la rue Esquermoise, proches de tout, à l’entrée du Vieux Lille aussi … Découvrez également des informations sur notre Blog Lille, sur le quartier ou se trouve Madura.

Quelles sont les problématiques que vous rencontrez dans votre métier quotidiennement ?

La perte de trafic en magasin et la perte de clients. Je pense que ça vaut pour tous les commerces, personne n’est épargné. On perd énormément de passage en magasin. Alors, il y a différents facteurs : la morosité, les habitudes d’achat qui ont changé… Avec tout ce qu’il se passe, les clients n’ont pas forcément envie d’acheter, de sortir. Et il y a internet aussi ! On a de moins en moins de clients, et c’est ça qui me chiffonne le plus. Et forcément, ça influe sur le chiffre d’affaires !

Maintenant que s’approchent les élections, qu’attendez-vous des prochains élus ?

Je n’ai pas d’attente particulière. Tout ce qui est bon à prendre, je le prendrai. Mais en réalité, la politique, on la subit un peu. Des attentes, j’en ai, bien sûr, mais après, est-ce que ça bougera ? Non, je sais que non.

Avez-vous un type de clients plus ciblé par votre commerce ? 

Oui, des clients avec un budget, parce qu’on est sur du haut de gamme. Du coup, oui, ce sont vraiment des clients qui ont un budget plutôt élevé. Mais aujourd’hui, on cible aussi plus les jeunes. Nous sommes vraiment dans un tournant chez Madura ! On a modernisé les collections et les boutiques. Et du coup, aujourd’hui, on cible aussi les jeunes, ce que nous ne faisions pas du tout avant. Mais les jeunes ont commencé à venir grâce au bouche à oreilles : les mamans et mamies qui en parlaient aux enfants et aux petits enfants. On a commencé à avoir des clients plus jeunes grâce à ça … Et maintenant, on touche vraiment des clients plus jeunes, de par nos vitrines, de par nos collections et notre communication.

Sentez-vous que votre commerce souffre du e-commerce ? 

Ça dépend ! Parce qu’on a des clients qui ont repéré sur internet, mais qui viennent acheter chez nous. Ça c’est plutôt positif ! Et il y en a de plus en plus, alors il faut quand même le noter. Mais il y en a d’autres avec qui on passe énormément de temps en boutique, mais qui concluent leur achat sur internet. Ils viennent repérer, toucher, se projeter, et puis dès qu’ils se décident, ils commandent sur internet.

Si vous aviez un message à passer aux consommateurs qui achètent uniquement en e-commerce, lequel serait-il ? 

S’ils veulent garder le contact, s’ils veulent de l’humain, s’ils veulent du conseil, qu’ils viennent acheter en boutique. Parce que sinon, à cette allure là, dans quelques années, il n’y aura plus de Madura sur Lille. Et plus de magasin en général.  

Vous êtes référencé comme établissement connecté sur la plateforme the-ring.io. Pourquoi s’être lancé dans l’aventure ? 

Parce que ça peut nous apporter que du positif. Ça ne peut apporter que du bien. Si le client peut trouver plus facilement ce qu’il cherche, ça a aussi un impact sur nous, forcément !

Quels conseils donneriez-vous à un futur commerçant qui souhaite se lancer ? 

De venir avec le bon produit. Et de s’accrocher parce que ce n’est pas tous les jours facile. Mais il ne faut pas pour autant être pessimiste : on n’est pas dans une ville morte non plus. Nous, on a encore des clients qui se déplacent.

Ce n’est pas gagné mais ce n’est pas perdu non plus. Il faut y croire et avoir envie !

Propos recueillis par Marine Souxdorf