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Diane du Freyja Nørdic Café à Roubaix

Diane du Freyja Nørdic Café, Roubaix: «découvrir la pâtisserie suédoise»

30/07/2020, 18:04 | édité le 30/07/2020, 18:04


Et si on vous emmenait en Suède ? Dans son restaurant-salon de thé, le Freyja Nørdic Café à Roubaix, Diane Lepoutre vous fait voyager à travers les pays scandinaves …

Quelle est l’histoire du Freyja Nørdic Café à Roubaix ?

En fait, j’ai étudié à Sciences Po à Grenoble et j’ai fait mon Erasmus en Suède. C’est là que j’ai eu un énorme coup de coeur pour la Suède, les pâtisseries suédoises, et tout le cadre de vie autour des pays scandinaves. A l’époque, j’étudiais les relations internationales, ce qui n’avait pas forcément de rapport avec la pâtisserie. Mais en passant beaucoup de temps là-bas, dans les cafés et salons de thé, j’ai vraiment eu un gros déclic sur les pâtisseries suédoises.

J’adorais déjà cuisiner. J’aimais beaucoup faire des pâtisseries le dimanche après-midi, et quand il fallait apporter un dessert, j’étais ravie de le faire … C’était plus une passion et un passe-temps, mais je n’avais pas vraiment envisagé ç comme un métier. Jusqu’à cet énorme coup de coeur pour ces fameuses pâtisseries en Suède. A mon retour en France, j’ai donc passé quelques années à travailler dans les ressources humaines, mais je n’étais pas tout à fait épanouie ni à ma place, et j’ai décidé d’arrêter. J’ai passé mon CAP en pâtisserie et j’ai été formée à Stockholm par un chef pâtissier pour vraiment apprendre à faire les pâtisseries suédoises, dans le but d’ouvrir ce salon de thé.

Et voilà comment est né le Freyja Nørdic Café à Roubaix ! C’était en décembre 2019.

Freyja Nørdic Café à Roubaix

Nous sommes donc dans un salon de thé scandinave. Ça veut dire quoi ?

Alors, d’abord, le nom, Freyja, qui ne se prononce pas comme ça se lit (le j est muet), c’est le nom d’une déesse de la mythologie scandinave.

Même si j’ai été formée en Suède, c’est un salon de thé scandinave, et pas seulement suédois. Pour les pâtisseries, on va quand même être principalement sur des pâtisseries suédoises. Mais par contre, le midi, on a une offre déjeuner plutôt d’inspiration danoise, avec des tartines de pain noir seigle et céréales, qu’on appelle des smørrebrød (en France, c’est plus pratique de les appeler tartines) . Voilà, histoire de plaire à tout le monde aussi, et de rappeler que l’idée, c’est que ce soit d’inspiration nordique au sens large, on préfère dire que c’est scandinave.

Qu’est-ce que vous proposez donc de bon à manger ?

Le midi, on a une formule avec deux tartines au choix et une soupe (froide ou chaude selon la saison et la météo), avec évidemment les pâtisseries en dessert. Des pâtisseries qu’on peut aussi apprécier l’après-midi pour le salon de thé.

En fait, la particularité des pâtisseries suédoises c’est qu’elles ont moins de beurre et moins de sucre que dans la pâtisserie française, mais elles ont plus d’épices pour donner du goût. Par exemple, la pâtisserie la plus connue est le roulé à la cannelle. C’est comme une petite brioche parfumée à la cannelle. Celle-ci, c’est vraiment la pâtisserie star en Suède, ils ont même un jour de fête nationale au mois d’octobre qui lui est dédié ! C’est un peu l’équivalent de notre pain au chocolat en France. Ça sera la pâtisserie qui va le plus plaire, en tout cas, à ceux qui aiment la cannelle. Et après, on la décline à d’autres goûts : à la cardamome, à la vanille, et une quatrième qui change, pour m’adapter aux goûts et à la saison.

Il y a également d’autres pâtisseries, comme le gâteau au chocolat, qui est fait avec de la poudre de cacao. Les suédois n’utilisent pas de chocolat fondu, mais cette poudre, qui permet d’avoir un goût beaucoup plus chocolaté et un aspect beaucoup plus fondant . Aussi, ce qui peut être parfois plus parlant pour certains clients, ce sont nos cookies faits avec des flocons d’avoine et du chocolat. Ceux-là, ils sont souvent connus par les clients d’IKEA, car ils sont vendus au niveau des caisses !

Freyja Nørdic Café à Roubaix

Comment choisissez-vous les produits avec lesquels vous allez travailler ?

Pour les fournisseurs, ça a été un long travail ! J’ai cherché au mieux, au plus local possible. Et quand je ne pouvais pas me fournir au niveau local, j’essayais de trouver vraiment quelque chose de bio, du commerce équitable. Par exemple, mon thé et mon café, vous vous doutez qu’ils ne viennent pas de France, par contre, il sont bio et certifiés commerce équitable. Au moins, ça me certifie que ces produits que j’achète de loin, il y a des population qui y travaillent, qui sont bien payées et qui n’iront pas au détriment de l’écologie.

Mais je cherche au maximum le local. Par exemple, pour ma farine, on a des grands champs de blés dans le Nord, donc ma farine vient de moulins à pas plus de 30km. Pareil pour mes produits laitiers, mon beurre, mon lait … Tout ce qu’il est possible d’acheter en local, je le fais. Je profite des richesses de notre région.

Comment est composée votre équipe aujourd’hui ?

Nous sommes une équipe de deux personnes. On ouvre à midi, ce qui me permet de travailler le matin dans mon laboratoire et faire toutes les pâtisseries pour la journée. Ensuite, on s’occupe de l’offre salée ensemble, pour faire les tartines et la soupe. Puis on s’occupe ensemble de la vente, de midi à 18h30, à tour de rôle.

Vous avez monté ce projet seule. Comment ça s’est passé pour vous, d’entreprendre seul ?

C’est beaucoup de boulot ! En fait, j’ai fait une rupture conventionnelle avec mon ancien travail, ce qui m’a permis de monter le projet pendant un an. Au début, on part vraiment d’une feuille blanche, on note toutes les idées, puis on voit comment on peut l’insérer dans un business plan. On fait aussi une étude de marché pour voir la viabilité du projet.

La première grande étape, c’était de créer les produits et les tester. Pour ça, j’avais fait le marché de Noël à Roubaix et ça avait très bien marché. J’avais eu de très bons retours des clients et ça m’avait confortée dans mon idée. Et après, les deux grandes étapes suivantes, c’est vraiment le business plan : calculer tous les coûts des matières premières, d’un produit et de son prix de vente, ainsi que rechercher les fournisseurs et les sources de financement. La financement, ça passe par les prêts bancaires la plupart du temps. Dans mon cas, en tant qu’entrepreneuse, je pouvais bénéficier des prêts d’honneur, qui sont des prêts à taux 0.

Freyja Nørdic Café à Roubaix

Pourquoi avoir choisi Roubaix pour ouvrir votre commerce ?

J’ai choisi Roubaix pour différentes raisons. Premièrement, je suis originaire de Roubaix et j’ai donc des racines familiales à Roubaix. La deuxième, c’est que le marché de Noël s’était vraiment bien passé. Je n’avais pas forcément l’idée de m’installer à Roubaix, mais les clients m’ont vraiment mis la puce à l’oreille en me disant d’y réfléchir. Troisièmement, il y eu le fait que la mairie oeuvre beaucoup pour la redynamisation de son centre-ville. Ils avaient même embauché un manager de centre-ville. On sentait une vraie énergie créatrice à Roubaix, et j’ai vraiment eu envie d’y participer pour le renouveau commercial de Roubaix.

Et après ces premiers mois d’activité, quel est le bilan ?

Il est super positif ! Souvent, les personnes me demandent qui sont mes clients. Mais en fait, ma clientèle est très variée. Le midi, ce sont principalement des personnes qui travaillent autour de la Grand Place de Roubaix. Par contre, l’après-midi, ça va être très varié. J’ai pas mal d’étudiants (même si moins en ce moment), beaucoup de familles, de retraités, de personnes seules, de personnes en couple. Bon, c’est vrai que c’est quand même assez féminin, mais ça reste quand même bien mixte.

Que préférez-vous dans votre métier ?

Alors d’abord, c’est le contact avec les clients. Chaque jour, de pouvoir discuter avec les personnes qui passent ma porte, c’est vraiment ce que je préfère. Et aussi, c’est de pouvoir faire des pâtisseries et voir comment ce qu’on produit de ses mains peut faire plaisir à quelqu’un d’autre. Au final, ça revient aussi à l’échange avec les clients.

Freyja Nørdic Café à Roubaix

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez quotidiennement dans votre métier ?

La difficulté, ça va surtout être l’administratif. Ce n’est pas un obstacle non plus, parce qu’il fait le faire. Chaque mois on y revient et ça avance peu à peu. Mais c’est quand même le côté le moins intéressant de mon travail.

En tant que jeune entrepreneuse vous-même, quel serait le conseil que vous donneriez à quelqu’un qui aimerait se lancer comme vous ?

Au tout début, j’avais contacté beaucoup de monde dans ce domaine, en leur disant que je me lançais dans l’entreprenariat, que je partais de zéro et que j’aimerais avoir leurs conseils. Alors, évidemment, tout le monde ne m’a pas répondu, mais les personnes qui m’ont accordé de leur temps m’ont été d’une aide plus que précieuse. Ce fut une mine d’informations énorme ! Et ils m’aident encore aujourd’hui. Donc il ne faut vraiment pas hésiter à toquer aux portes et à demander des conseils. Il faut savoir s’entourer et prendre le maximum d’avis.

Freyja Nørdic Café à Roubaix

>> Freyja Nørdic Café à Roubaix : 2 Grand Place

Propos recueillis par Marine Souxdorf