Isabelle, de Mariée Couture, à Lille : « Notre robe de mariée, on la cherche ! »

Isabelle Joly est la présidente de la boutique Mariée Couture depuis trois ans. Une boutique installée à Lille depuis 32 ans.

25/03/2020, 13:05 | édité le 31/07/2020, 16:20


Isabelle Joly est la présidente de la boutique Mariée Couture depuis trois ans. La boutique située au 35 Rue Lepelletier, à Lille, existe depuis 32 ans.

Racontez-nous votre histoire : comment êtes-vous arrivée jusqu’à ce point aujourd’hui ? 

Je travaillais dans un cabinet d’expertise comptable. Oui, rien à voir ! Je connaissais déjà très bien Mariée Couture, parce que je faisais la comptabilité de cette boutique à une époque. Et puis, j’ai repris la société il y a trois ans. C’est une vraie reconversion professionnelle, mais j’avais déjà une grosse envie de faire du commerce depuis de nombreuses années. Alors, quand l’opportunité de le faire s’est présentée, j’en ai profité. J’ai toujours aimé la mode, et pourquoi pas la robe de mariée. Parce que ce l’on fait, c’est de la mode, spécialisée, certes, mais ça reste de la mode.

Quel est le concept de votre magasin ?

Nous vendons des robes de mariée, mais aussi des robes de cocktail pour la cérémonie. Alors, on habille aussi les mamans, les témoins, les demoiselles d’honneur … Mais on ne propose que les tenues de cocktails sur la période printemps été, et pas du tout l’hiver. Parce qu’on n’a pas la place et qu’on a très peu de demandes en cette saison de l’année. Déjà, il y a moins de mariages l’hiver…

On achète des collections auprès de créateurs. Et après, avec les créateurs, on peut travailler sur de la création. Pas sur toutes nos collections, parce qu’on travaille aussi avec ce que l’on appellerait des grosses machines internationales (comme Pronovias, numéro 1 de la robe de mariée). Sur ces robes-là, on ne peut pas faire grand-chose, sauf éventuellement rajouter une manche, ou des choses que les couturières sont capables de faire en atelier. Par contre, on travaille aussi avec des créateurs français, et là, on peut modifier la robe en collaboration avec eux. Par exemple, une cliente préfère le haut d’une robe, le bas d’une autre, et le tissu d’une troisième. On pourra donc faire un mixte. Ce n’est pas vraiment de la création à proprement parler, mais au final, ça sera une robe unique.

Comment choisissez-vous les créateurs avec lesquels vous travaillez ?

Quand je suis arrivée, il y avait les créateurs avec lesquels la boutique travaillait, alors on a poursuivi ensemble.

Et puis après, on va sur des salons du mariage. On va à celui de Paris, qui n’est plus un très grand salon, et puis on va à Barcelone, parce qu’il y a l’un des plus gros salons du mariage là-bas. On rencontre beaucoup de créateurs lors de ces évènements.

Et il y en a aussi qui nous sollicitent pour qu’on vende leurs produits dans notre boutique. Après, c’est à nous de bien se charger de garder une certaine harmonie dans le magasin.

Pouvez-vous nous parler de votre secteur d’activité ?

Il y a plusieurs boutiques de robes de mariée dans Lille. Dans le Vieux Lille, on a l’impression que nous sommes presque les seuls, mais pas du tout. Les autres boutiques sont cachées, parce qu’elles n’ont pas ou plus de vitrine. Elles sont en appartement ou autres lieux fermés. Nous sommes quasiment la dernière boutique de mariage à encore avoir des vitrines sur rue.  

Avec Pinterest, Instagram, Facebook, et tous les sites internet, la vitrine n’est plus indispensable pour la robe de mariée. Ce n’est pas un achat coup de cœur comme le prêt-à-porter. Notre robe de mariée, on la cherche. Donc il n’y a plus vraiment besoin d’avoir une vitrine.

Après, le domaine de la robe de mariée reste assez stable. Parce que, heureusement, on est dans une région où la tradition reste assez forte.

Vous travaillez seule ou en équipe ? 

En équipe. Nous sommes quatre : deux vendeuses, dont moi, et deux couturières. J’ai repris une société qui existait, alors j’ai aussi repris l’équipe qui existait.

Quel est votre rôle dans l’équipe ? 

Faire en sorte que tout aille bien !

Quel est le plus grand obstacle ?

Nous travaillons avec une clientèle vraiment spéciale : les futures mariées.

Et on se confronte de plus en plus à des clientes qui regardent trop les émissions de télévision et qui se font une idée complétement erronée du choix de la robe de mariée.

Souvent, elles sont trop nombreuses à venir. Quand vous venez accompagné de sept personnes, vous ne pouvez pas avoir que des avis objectifs et qui vont dans votre sens. Les futures mariées écoutent souvent trop leurs accompagnatrices. Une fois, une jeune femme était prête à acheter la robe qu’elle avait choisi et soudain, sa mère a déclaré : « Tu ne peux pas acheter ça, je n’aime pas du tout ! ». Alors que c’était le choix de sa fille … Et elles ont donc acheté la robe qui plaisait à la mère, et pas forcément à la fille. Après, c’est normal de se faire accompagner et de demander des conseils, mais il faut rester libre de son choix. C’est le choix d’une robe de mariée, ce n’est pas n’importe quoi !

Un autre problème auquel nous sommes confrontés par rapport aux futures mariées, c’est qu’elles font souvent trop de boutiques. Après, je n’oserais jamais dire qu’on a tout dans notre magasin. Ce n’est pas possible, on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais quand vous avez fait 3-4 magasins, vous avez globalement fait le tour des styles qui existent. La moyenne pour une mariée, c’est 7 à 8 magasins…  Une fois, on a rencontré une cliente qui avait fait 15 boutiques avant d’acheter chez nous !

Mais après, c’est une clientèle spéciale, certes, mais comme tous les obstacles, c’est à nous de nous adapter, alors on s’adapte !

Robe de mariée à Lille

Au niveau de l’équilibre vie privée/vie professionnelle, comment cela se passe quand on est commerçant ?

Moi, je n’ai pas de problème ! Je suis souvent en magasin, et j’y pense tout le temps. Je me couche, j’y pense, je me réveille, j’y pense. Mais ça va pour moi ! Ça se gère. Je n’en parle pas trop à la maison. Si, quand je rentre, je raconte ma journée à mon mari, mais sans plus. Non, je gère bien l’équilibre. Il faut réussir à cloisonner, parce que sinon ce n’est pas possible.

Après, c’est vrai que la boutique est dans ma tête H24. D’ailleurs, il y a une activité sportive que je ne pratique plus parce que je ne sais plus la pratiquer à cause du magasin. Parce que le magasin est trop présent dans ma tête, et que c’est une activité qui demande la tête consacrée au sport.

Pourquoi avoir choisi de vous lancer dans the-ring.io ?

Je suis assez ouverte à tout, même si je suis une très mauvaise utilisatrice et une très mauvaise pratiquante de toutes ces choses-là (réseaux sociaux et plateformes web). Je pense que ce sont des outils qui sont nécessaires aujourd’hui.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Toujours ici ! Avec une notoriété qui va continuer à augmenter et un travail d’excellence qu’on essaie d’améliorer de jour en jour.

Et pourquoi pas ouvrir une autre boutique, mais ça, c’est seulement à l’étude pour l’instant. Mais pas à Lille, carrément autre part. Parce que se phagocyter à Lille pour une boutique de mariée, cela n’a aucun intérêt. Quand vous savez que des futures mariées sont prêts à faire des kilomètres pour essayer une robe … Donc je ne sais pas encore où, mais c’est en étude.

Propos recueillis par Marine Souxdorf

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