Julien de Cavavin, à Compiègne : «Toujours être souriant, surtout !»

Passionné de vin, Julien Touraine vous propose de vous partager cette passion qui l'anime, et de vous faire découvrir des pépites ...

29/06/2020, 16:36 | édité le 31/08/2020, 16:56


Julien Touraine est caviste à Compiègne. Il y a deux ans, il a ouvert son commerce, Cavavin, pour partager sa passion des vins avec les compiégnois.

Nous l’avons rencontré 🤗

Pouvez-vous nous expliquer votre métier ?

Je suis caviste dans cette belle ville de Compiègne depuis deux ans. Et j’essaie des faire découvrir des vins, des vins bio, des vins en biodynamie, des champagnes aussi, et plein d’autres choses aux personnes intéressées ou passionnées par le vin …

Avant, j’étais restaurateur. J’avais mon restaurant, toujours à Compiègne. Et auparavant, j’ai eu diverses fonctions commerciales dans divers métiers, mais qui n’ont rien à voir avec les métiers de bouche (comme la sécurité et le transport, entre autres).

Pourquoi avoir décidé de vous lancer dans le commerce du vin ?

Par goût et par passion, voilà. Quand on arrive après la quarantaine, on a envie de travailler dans des métiers qui nous intéressent et qui nous plaisent.

Auparavant, je faisais des métiers qui me plaisaient aussi, mais ce n’était pas par passion. Je voulais changer cela.

Et d’où vous vient cette passion du vin ?

Au départ, en tant qu’amateur, en tant qu’épicurien. Et puis en voyageant, en visitant des caves et des vignobles, je m’y suis de plus en plus intéressé.

Voilà, petit à petit, on apprend à déguster, on découvre, on persévère et puis on devient un amateur éclairé. Et maintenant, j’essaie de devenir modestement un professionnel.

Cavavin Compiègne

Qu’est-ce qui rend votre commerce spécial ?

Le sens du service, l’écoute, la disponibilité

Vous savez, beaucoup de français vivent dans un pays de bouche, de bonne nourriture, de bon vin et de bon fromage, mais n’y connaissent pas forcément grand chose. Donc on est là pour l’aider, l’orienter, le conseiller. Soit pour accompagner un plat, soit pour lui faire découvrir autre chose, en adéquation avec ses goûts.

Moi, j’ai plein de clients qui viennent toujours chercher les vins qu’ils aiment, qu’ils connaissent, dont ils ont l’habitude. Et de temps en temps, progressivement, on essaie de les amener vers d’autres vins, vers d’autres découvertes. C’est ça notre métier !

Comment choisissez-vous les vins que vous allez vendre en boutique ?

Nous avons un catalogue déjà assez varié ! Et puis régulièrement, soit je fréquente des salons, soit des vignerons se déplacent et viennent présenter leurs vins, pour me les faire gouter et déguster. Si je peux, lors de mes déplacements privés ou professionnels, je m’arrête pour visiter des vignerons.

Donc petit à petit, on découvre ou on redécouvre des pépites !

Par exemple, il y a deux ans, avant de reprendre ce magasin, j’étais assez hermétique à tout ce qui concernait le champagne, pour en avoir bu plein plein de mauvais. Donc c’est une boisson qui ne m’intéressait plus du tout. Et j’ai eu la chance de pouvoir visiter différents domaines à Reims et Epernay. Et voilà, ça m’a de nouveau éveillé sur le champagne. Alors que je pensais être définitivement fâché avec ce breuvage.

Et vous, qu’est-ce que vous préférez dans votre métier ?

Découvrir et faire découvrir !

Mon client préféré, c’est le client qui est curieux, qui a envie de découvrir autre chose, et qui sort un peu de sa zone de confort. La personne qui boit du Bordeaux depuis toujours et qui ne veut que du Bordeaux m’intéressera moins que la personne qui boit du Bordeaux et qui a envie de temps en temps de varier ses plaisirs et qui vient chez moi pour cela !

Et au contraire, quelle est la problématique que vous rencontrez quotidiennement dans votre métier ?

La concurrence, la comparaison, le désir de rester justement dans sa zone de confort et d’être rassuré par une étiquette…

Et en parlant de concurrence, sentez-vous que vous souffrez du e-commerce ?

Non, pas trop. Les gens ont toujours besoin de conseil. Donc c’est plus facile de s’adresser à une personne comme moi, pour avoir quelques conseils, pour affiner son besoin, plutôt que de naviguer des heures et des heures sur des sites. Des sites qui sont de mieux en mieux faits, certes, mais qui peuvent vite vous noyer d’informations et pas forcément vous aider.

Avez-vous un type de clients plus ciblé ?

Non, justement non. Quand j’ai repris il y a deux ans, je m’attendais à avoir plutôt une clientèle de personnes au-dessus de 50 ans, plus ou moins. Et je j’aperçois de plus en plus que les jeunes de 20-25-30 ans sont aussi très très intéressés par le vin et justement, par la découverte de nouvelles saveurs. Donc en fait, il y a vraiment tous les âges.

Et même en général, il y a de tout ! C’est très très variable.

Cavavin Compiègne

Vous travaillez seul ou en équipe ?

Pour l’instant, seul. Je m’adapte, je fais mes commandes, mon ménage, ma mise en place, etc. C’est vrai que c’est un rythme, mais ce n’est pas non plus insoutenable.

Comme je vous le disais, c’est une passion avant d’être un travail. Donc c’est beaucoup plus agréable de travailler pour quelque chose qui vous intéresse et qui vous passionne. Si je mettais en rayon un produit qui ne m’intéressait pas du tout, juste pour que ce soit un métier alimentaire, ça serait peut-être un peu plus difficile. Mais comme là, ça me fait plaisir de manipuler mes bouteilles et de les présenter, c’est un rythme que j’aime.

Avez-vous une certaine stratégie digitale (réseaux sociaux et web) ?

Non, je n’ai pas de stratégie. Je n’en suis pas là ! Vous savez, je suis quelqu’un qui sait rester à sa place. Je suis ni Bill Gates ni Jeff Bezos, et je reste humble.

J’essaie donc de mettre Cavavin en avant sur les réseaux sociaux, parce que je n’ai pas de site internet. Donc je travaille surtout sur Facebook, Instagram et un petit peu sur Linkedin. J’essaie juste de mettre en avant les nouveautés, les produits qui selon moi nécessitent d’être mis en avant. Je préviens aussi des animations qui ont lieu au niveau de magasin : des dégustations, des promotions, enfin, ce genre de choses…

Vous faites partie des premiers commerçants de Compiègne à s’être référencé sur The-ring.io. Pourquoi s’être lancé dans cette aventure ?

Parce que l’outil me parait intéressant pour la ville de Compiègne. Je sais que c’est présent sur d’autres communes, mais moi en l’occurrence, c’est le marché compiégnois qui m’intéresse. Et ça me parait intéressant pour repeupler, pour faire revenir les gens en centre ville et dynamiser un peu le commerce de proximité, le commerce local.

Quel conseil donneriez-vous à un futur commerçant qui souhaite se lancer ?

Le conseil, c’est de rester soi-même et surtout, d’être souriant, d’être toujours positif. Le commerce, c’est un éternel recommencement : chaque jour est différent. Il y a des jours sans et des jours avec, et parfois, il y a des semaines et des mois entiers qui sont compliqués. Mais il faut être tous les jours prêt, souriant, disponible, tout en ayant une vision pour soi-même, une vision comptable, à moyen terme et à plus long terme. Il ne faut pas se décourager parce qu’on a fait une mauvaise journée. Il faut résonner au trimestre, au mois, à l’année …

Et toujours être souriant, surtout ! Parce que le petit commerce ne survivra que si les commerçants sont disponibles et souriants. Et s’ils font la tête, c’est foutu ! Et ce serait dommage… Il faut pas faire ce métier si on ne sait pas sourire.

>> Cavavin Compiègne : 30 Rue Saint-Corneille, 60200 Compiègne

Propos recueillis par Marine Souxdorf

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