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Myriam de The Room, à Lille : « Il y a d’autres façons de faire ».

En attendant de pouvoir réouvrir sa boutique après le confinement, Myriam vend ses produits en click and collect sur the-ring.io.

08/04/2020, 15:44 | édité le 08/04/2020, 15:44

myriam magasin vêtements suit by the room à Lille

Myriam Scharfman a ouvert sa boutique de prêt-à-porter Suit by The Room à Lille depuis dix ans. Dans son commerce, au 22 rue Masurel, à côté de la cathédrale Notre-Dame de la Treille, elle joue sur le style masculin-féminin, et bien plus …

Racontez-nous votre histoire : comment êtes-vous arrivée jusqu’à ce point aujourd’hui ? 

J’ai fait des études plutôt dans le domaine de la communication et culture. Mais j’ai toujours travaillé dans la mode et le prêt-à-porter. En fait, j’ai commencé à travailler dans ce domaine comme étudiante, puis j’ai fait des extras dans une boutique, pour finalement y travailler à temps plein. Et de fil en aiguilles, j’ai créé ma propre boutique.

Quel est le concept de votre boutique ?

C’est une boutique de prêt-à-porter multimarque. Au début, c’était un magasin essentiellement masculin. Et puis depuis septembre dernier, j’ai créé un petit coin féminin, surtout sur le concept du masculin féminin. C’est-à-dire dans l’idée de piquer les fringues de son mec pour s’habiller. Et après, The Room est plus qu’une boutique. J’essaie d’imaginer, de créer un vrai univers. J’organise des expositions, des événements … J’essaie de faire des passerelles entre la mode et la culture.

magasin suit by the room

Comment choisissez-vous vos produits ou vos collections ?

Je les choisis les marques sur leur ADN : la qualité des produits, les coupes, et puis, surtout, les histoires qu’elles peuvent raconter. Une histoire que je peux transmettre à mes clients. Je suis assez amoureuse des produits et des marques avec une vraie histoire à raconter. Cette sensibilité mode que j’ai, j’essaie de la partager avec mes clients.  

Vous entreprenez seule ou en équipe ? 

J’entreprends seule. Bien sûr, j’ai eu des salariés et des extras pour les périodes de rush. Mais aux commandes de la boutique, je suis seule. S’occuper d’un commerce seule, ce n’est pas facile. Mais j’ai un commerce de petite taille, ce qui me permet malgré tout de bien tout gérer. C’est ça qui est intéressant aussi, d’être d’un bout à l’autre de la chaîne. Autant dans les achats, que sur les réseaux sociaux, en boutique avec les clients, et voir comment ils réagissent face au produits que moi-même, j’ai acheté… Comme beaucoup de personnes dans les boutiques indépendantes, je suis un vrai couteau suisse.

Comment a évolué votre secteur d’activité depuis votre ouverture ?

Bien évidemment, il y a internet. Ça, on ne peut pas nier, ça a bouleversé les choses. Je crois même que les réseaux sociaux ont eu encore plus d’impact. Ceci étant, depuis un an ou deux, j’ai la sensation que les gens reviennent en boutique et vers les indépendants. Parce qu’ils ont envie aussi qu’on leur raconte, qu’on leur transmette des choses. Je pense que les gens se détachent de plus en plus des commerces de masse.

Après, bien évidemment, internet est là ! On va quand même tous regarder sur internet ce qui se passe, les tendances, etc. Mais en tout cas, moi j’ai vraiment l’impression qu’il y a vraiment un retour vers les commerces indépendants. Bien évidemment, on doit changer notre façon de faire. On ne peut pas laisser les choses comme il y a dix ans, ça, c’est indéniable. Le monde autour de nous change et je pense qu’en tant que commerçant, on doit bien évidemment s’imprégner et prendre acte de ces changements.

boutique suit by the room à lille

Quel est votre plus grand obstacle ?

Parfois, c’est surtout la solitude. De ne pas pouvoir échanger avec quelqu’un. C’est parfois compliqué de travailler en tant qu’indépendant. C’est super, mais ça a aussi ses inconvénients. Je reste passionnée par mon métier, mais il y a ce découragement qui arrive parfois, et il faut le combattre au jour le jour.

Au niveau de l’équilibre vie privée et vie professionnelle, comment cela se passe quand on est commerçant ?

Alors, par exemple, la boutique est fermée le lundi, et j’y tiens profondément ! C’est le jour où je peux faire autre chose qu’être à la boutique : faire du yoga, zoner dans mon canapé à regarder des séries … Ce jour est indispensable pour réfléchir et prendre de la distance. C’est extrêmement important pour pouvoir repenser son commerce et sa façon de travailler. Je pense aussi qu’il faut, si on peut, voyager, pour aller voir ailleurs ce qu’il s’y passe.

Pourquoi avoir choisi de vous lancer dans the-ring.io ?

Pour moi, c’était une autre forme de visibilité. Et je trouvais ça assez intéressant. J’aime bien cette idée de mise en avant des commerces indépendants. Je trouve ça vraiment cool d’avoir une plateforme comme ça ! Et the-ring met tous nos savoirs faire et nos savoir être en avant. Ça met aussi en avant une autre façon de consommer, et c’est là que ça se passe aujourd’hui !

magasin the room lille

Quel est votre quotidien en plein confinement ?

J’essaie d’avoir une journée très rythmée malgré tout. Je me suis même refait un petit bureau à la maison. J’ai mis des produits sur the-ring.io (découvrez la boutique en ligne Suit by the room sur the-ring.io et faites vos achats en click and collect, même pendant le confinement), je vais voir sur internet ce qu’il se passe, je m’occupe des procédures administratives … Bref, j’en profite pour faire des choses que je n’ai pas le temps de faire en temps normal. Et je réfléchis aussi à comment la boutique va sortir de cette époque…

Que pensez-vous qu’il se passera après cette période de confinement ?

J’en ai aucune idée ! Je pense que les gens vont commencer à consommer différemment, et produire différemment, aussi. En vrai, je pense que ça, c’est certain. Mais bon. J’aimerais savoir comment ça va se passer, comment la consommation va changer. Mais j’avoue que c’est très flou … C’est compliqué de savoir, j’aimerais avoir une vraie vision !

En tout cas, ce qu’a montré cette crise, c’est qu’on peut consommer de manière différente. Qu’il y a d’autres façons de faire, d’autres réseaux qui se mettent en place, et je pense que c’est ça l’avenir. J’espère en tout cas !

Propos recueillis par Marine Souxdorf