Marguerite, de l’Atypique à Lille, « Ma boutique, j’aurais dû l’appeler la Psy ! »

Marguerite a ouvert sa boutique il y a un peu plus d'un an. Sa passion : les clients !

07/02/2020, 18:01 | édité le 23/03/2020, 16:36

marguerite l'atypique à lille

Le 1er décembre 2018, Marguerite a ouvert sa boutique de vêtements pour hommes, l’Atypique. En tant que responsable de boutique pendant 10 ans dans une grande enseigne de prêt-à-porter masculin, elle voulait ouvrir le marché des petites boutiques de mode aux hommes. Située au 5 rue du Curé Saint Etienne, sa boutique a eu du mal à attirer les clients au début. Au fil du temps, elle a donc décidé de vendre aussi des vêtements pour femmes.

Qu’est-ce qui rend votre commerce spécial ?

Moi, déjà. Forcément.  Parce que je suis atypique !

C’est aussi le fait d’avoir de l’homme et de la femme dans une petite surface comme ça (30m2). On est plutôt habitué aux boutiques de femmes dans ce format-là : avec des prix attractifs, des collections qui se renouvellent assez régulièrement… On n’est pas habitué à ce genre de boutique pour l’homme.

Et c’est aussi mon choix de marques. Je travaille beaucoup avec des personnes qu’on pourrait presque qualifier d’anonymes, et qui sont des passionnés. Mes bracelets par exemple : c’est une cardiologue qui me les fait. Je travaille aussi avec une jeune graphiste qui me fait des bijoux en bois. Et je suis en train de travailler avec elle pour vendre des petits koalas pour l’Australie.

Mais c’est surtout moi qui la rends spécial !

Qu’est ce qui vous a poussé à ouvrir votre commerce ?

Quand vous travaillez dans une grande chaine comme je le faisais, en tant que responsable de boutique, vous n’avez plus réellement de challenge. 

Et je voulais vraiment créer cette boutique pour l’homme. Parce que je trouve que les hommes sont tous habillés de la même façon. Dans les boutiques d’homme, il n’y a pas de fantaisie. Et quand il y en a, ça coute très cher.

Vous êtes dans l’un des plus beaux quartiers de Lille. Pourquoi avoir choisi le Vieux Lille pour ouvrir un commerce ?

Pour le quartier ! Mais si j’avais su, je n’aurais pas choisi cet endroit. C’est très cher (les loyers) ! Il y a un prix à payer pour être dans le Vieux Lille et il n’est pas donné.

Et l’autre problème, c’est qu’il y en a beaucoup qui pensent encore que dans le Vieux Lille, tout est cher. Alors que chez moi, non : mes produits sont tout à fait abordables. C’est pour ça que j’affiche les prix en vitrine et que j’ai les réseaux sociaux. Le Vieux Lille garde encore cette image de quartier luxueux et cher.

Que préférez-vous dans votre métier ?

Les clients. La bonne humeur des clients. Je m’éclate avec eux ! La majorité des clients sont vraiment ouverts et sympas. Il y a des gens qui viennent tous les jours, et qui me racontent leur vie. Je suis un peu une coiffeuse, mais qui vend des vêtements ! Du coup, les clients deviennent des clients proches. Il y en a dont je connais toute la vie. Je leur dis souvent que je n’aurais pas dû appeler la boutique « l’Atypique », mais « la Psy ».

modeles avec produits de l'atypique de lille

Quelles sont les problématiques que vous rencontrez dans votre métier quotidiennement ?

Actuellement, ce sont les grèves contre le régime des retraites. C’est une catastrophe ! C’est pire que les gilets jaunes ! Là, c’est une manifestation qui touche beaucoup plus de monde, des gens de tous les horizons, et ça nous peine plus. Ils bloquent les routes, les trains … Les belges et les parisiens, qui viennent faire leurs soldes normalement à Lille, ne sont pas venus. Ni même en décembre pour leurs cadeaux de Noël.

Voyez-vous une évolution depuis quelques années au niveau de la fréquentation des clients ?

J’ai une clientèle de plus en plus fidèle. Mais il y a surtout une évolution au niveau de ma clientèle homme. Ils me font de plus en plus confiance, parce qu’ils ont testé le produit et ils savent que c’est de la qualité. Je suis quelqu’un qui veut tout tout de suite, alors j’ai rapidement ajouté des vêtements pour les femmes, parce que ça ne marchait pas assez vite avec juste les hommes. Mais je pense que, comme j’ai de plus en plus de clients masculins, je reviendrai peut-être un jour à vendre uniquement des vêtements pour les hommes. Avant, il y avait une boutique pour femmes à cet emplacement, et ça marchait plutôt bien, alors je pense juste qu’il faut faire la transition en douceur.

Comment gérez-vous votre présence sur les réseaux et sur le web ?

Moi je travaille surtout sur Instagram. Je poste les nouveautés, les bons plans, les jeux concours parfois. Je travaille avec des instagrameuses aussi.

Mais les réseaux sociaux, c’est très compliqué et très dangereux ! Prenons un exemple : quelqu’un va rentrer dans ma boutique. C’est un samedi et j’ai donc beaucoup de monde. Du coup, je vais juste aller la saluer, mais je n’aurais pas le temps de m’occuper vraiment d’elle. Cette personne va considérer que c’était une mauvaise expérience. Et alors, elle va mettre un commentaire incendiaire sur les réseaux. Ça peut aller très vite. Les gens sur les réseaux sociaux n’ont pas de recul et sont souvent très méchants. Mais ils ne se rendent pas compte qu’ils peuvent faire énormément de mal. Heureusement, pour l’instant, ça ne m’est pas encore arrivé.

Vous êtes référencé comme établissement connecté sur la plateforme the-ring.io. Pourquoi s’être lancé dans l’aventure ?  

J’ai trouvé l’idée superbe ! Je trouve que ça peut être géniale si tout le monde y participe. Dans le sens où, au moins, on ne cherche pas midi à quatorze heures quand on fait du shopping. Et même si c’est un réseau internet, on garde quand même la démarche du passage en magasin. Je trouve que c’est une belle idée qu’ils ont eue !

Quels conseils donneriez-vous à un futur commerçant qui souhaite se lancer ?

Il faut aller au bout de ses idées, mais se protéger. Il faut se renseigner sur tout ! Sur tout ce qu’il va falloir payer, sur toutes les démarches administratives…

Et il faut vraiment aimer ce que l’on va faire. Sans passion, on arrête au bout de trois mois, vraiment !

Mais quand on a un rêve, il faut aller au bout !

Propos recueillis par Marine Souxdorf